L'Alfama est l’un des plus anciens quartiers urbains mauresques encore existants en Europe occidentale. Quand le tremblement de terre de 1755 fit s’effondrer la ville pombaline en contrebas, le substrat de schiste solide d’Alfama tint bon. La trame de rues que vous parcourez aujourd’hui — les becos étroits (ruelles), les escaliers irréguliers, les impasses — suit encore le tracé de la médina mauresque aménagée avant le XIIe siècle. Vous ne traversez pas une reconstitution. Vous marchez à travers le réel.
Commencez à la cathédrale Sé de Lisbonne, commencée en 1147 — la même année où la ville fut reprise aux Maures par le premier roi du Portugal, Afonso Henriques. Elle a été délibérément construite sur l’emplacement de la grande mosquée de la ville, et sa façade romane à l’aspect forteresse paraît encore plus militaire qu’écclésiastique. De là, grimpez jusqu’au château de São Jorge, à l’origine une citadelle mauresque fortifiée au XIe siècle et prise par Afonso Henriques après un siège en 1147. La vue sur l'estuaire du Tage depuis les remparts justifie à elle seule la montée.
Consacrez le reste de l’après-midi à vous perdre dans les ruelles d’Alfama — vraiment vous perdre, sans carte. Le musée du Fado sur le Largo do Chafariz de Dentro est une halte sous-estimée que la plupart des visiteurs évitent au profit des belvédères.
Pour la soirée : le Fado est né dans les tavernes lisboètes dans les années 1820, enraciné dans le concept de saudade — une forme portugaise spécifique de mélancolie, sans traduction exacte en anglais. L’UNESCO l’a inscrit au patrimoine culturel immatériel en 2011. Avant d’entrer dans une maison de Fado, mangez des petiscos — charcuteries, beignets de morue, fèves au chouriço — dans une tasca de quartier plutôt que dans un restaurant touristique. Les visites Highlights & Secrets of Lisbon et Kickstart Lisbon : Chiado & Baixa couvrent ce quartier avec des guides qui savent quelle taberna fréquenter.
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