L'histoire du Louvre ne commence pas par l'art, mais par la guerre. En 1190, le roi Philippe II de France ordonne la construction d'une forteresse défensive sur la rive droite de la Seine pour protéger Paris des raids normands et anglais durant son absence lors de la troisième croisade. Ce donjon trapu et carré — dont les fondations sont encore visibles au niveau le plus bas du musée, la crypte Sully — demeura debout plus d'un siècle avant que Charles V ne le transforme en résidence royale dans les années 1360, garnissant ses murs de l'une des premières grandes bibliothèques d'Europe. La transformation architecturale décisive intervint en 1546, lorsque le roi François Ier fit démolir la tour médiévale et chargea Pierre Lescot d'édifier à sa place un palais Renaissance. François avait déjà invité Léonard de Vinci à Amboise en 1516, et plusieurs des tableaux que Léonard apporta avec lui — dont celui qui deviendrait la Joconde — entrèrent finalement dans la collection royale qui allait former le cœur du Louvre.
Pendant les deux siècles suivants, les monarques français successifs agrandirent le palais et ses collections artistiques. Henri IV acheva la Grande Galerie longeant la Seine en 1610 ; Louis XIV étendit considérablement le complexe avant de l'abandonner pour Versailles en 1682. C'est la Révolution française qui ouvrit finalement l'édifice au public : le 10 août 1793 — premier anniversaire de l'abolition de la monarchie — le Muséum Central des Arts ouvrit ses portes avec 537 tableaux, pour la plupart confisqués à l'Église et aux nobles émigrés. Napoléon Ier transforma l'institution en vitrine impériale, lui donnant le nom de Musée Napoléon et l'enrichissant de dizaines de milliers d'œuvres saisies en Italie, en Égypte, en Espagne et aux Pays-Bas. Après sa défaite, de nombreuses œuvres furent restituées dans le cadre du Congrès de Vienne de 1815, bien qu'un nombre significatif d'entre elles ne fût jamais rendu. Sous Napoléon III, dans les années 1850, l'architecte Louis Visconti, puis Hector Lefuel, ajoutèrent les ailes Richelieu et Denon encadrant la cour Napoléon, donnant au complexe l'essentiel de sa forme actuelle.
L'ère moderne apporta l'ajout le plus controversé du musée. En 1983, le président François Mitterrand choisit l'architecte sino-américain I. M. Pei pour repenser l'entrée du musée dans le cadre du projet du Grand Louvre. La pyramide de verre et d'acier de Pei, haute de 21,6 mètres et composée de 673 losanges et panneaux triangulaires, fut inaugurée en 1989 au milieu d'une vive polémique — les détracteurs la qualifiant de profanation d'un monument historique — avant de devenir l'une des structures les plus reconnaissables au monde. Elle résolut une véritable crise logistique : avant sa construction, le musée ne disposait que d'une seule entrée, insuffisante, sur le côté du bâtiment. Le nouvel espace souterrain sous la pyramide tripla la capacité d'accueil et relia pour la première fois les trois ailes. Aujourd'hui, la collection permanente du Louvre s'étend sur sept départements — Antiquités égyptiennes, Antiquités orientales, Antiquités grecques et romaines, Arts de l'Islam, Sculptures, Arts décoratifs et Peintures — regroupant plus de 35 000 œuvres exposées sur 72 735 mètres carrés de salles.
Les visiteurs qui parcourent le musée doivent considérer son ampleur comme une caractéristique essentielle plutôt que comme un obstacle. Le rez-de-chaussée de l'aile Denon seul abrite la Victoire de Samothrace (vers 190 av. J.-C.), installée au sommet de son grand escalier en 1883, ainsi que les deux Esclaves de Michel-Ange (1513–1516), sculptés à l'origine pour le tombeau inachevé du pape Jules II. La Joconde est accrochée dans la salle 711 de la même aile, derrière une vitre blindée depuis qu'une attaque à l'acide en 1956 endommagea sa partie inférieure. Il est vivement conseillé de réserver ses billets en ligne avec un créneau horaire ; les soirées du mercredi et du vendredi (lorsque le musée reste ouvert jusqu'à 21h45) sont nettement moins fréquentées que les matinées du week-end. Le musée est fermé tous les mardis. L'entrée est gratuite pour tous les visiteurs de moins de 18 ans et pour les résidents de l'UE de moins de 26 ans — et le premier vendredi soir de chaque mois, l'entrée est gratuite pour tous les moins de 26 ans dans le monde entier.